Les investissements lourds : l’urgence

Publié le

Il faut le dire et le répéter : un réseau à la hauteur de la demande, c’est avant tout un réseau lourd (métro, RER, trains de banlieue) à la hauteur de la demande. Ce réseau lourd qui accueille 84% des distances parcourues en transports en commun en Ile-de-France, et une proportion comparable à Paris. S’il ne réussit pametro-Hdv-2.JPGs à absorber la demande de transport collectif de la population, cela signe l’échec de la politique des déplacements pour la Région, et l’échec aussi pour Paris. Parce que l’alternative principale restera la domination de l’automobile, avec les conséquences que l’on connaît en termes de congestion, pollution, etc…

Ce réseau lourd est saturé, il faut le dire, le répéter, et surtout mettre en œuvre des décisions rapides pour le désaturer. 

L’enjeu est important, beaucoup plus que pour les bus. Il y a urgence à prendre les décisions politiques permettant de débloquer les 10 milliards d’€ d’investissement (au bas mot et uniquement pour le court terme) indispensables pour que tous les usagers du réseau de métro ne vivent dans 10 ans les conditions de ceux de la ligne 13. Il faut des milliards d’€ très vite pour créer ces rocades en banlieue que nous attendons depuis des décennies. Il faut des milliards d’€ très vite pour prolonger de très nombreuses lignes de métro en banlieue, sans parler de tous les investissements nécessaires sur les réseaux.  

 

Les investissements dans les transports collectifs en Ile-de-France sont aujourd’hui beaucoup plus faibles que dans d’autres grandes capitales européennes : 0,45% du PIB par an dans la région capitale de notre pays au lieu de plus de 1% à Berlin, Vienne, Londres, Amsterdmam, … Il faut investir et vite.

C’est cet enjeu qui doit être la priorité de la politique municipale des déplacements à partir d’aujourd’hui, loin devant les autres. Parce qu’on aura pu faire la meilleure politique du monde pour les bus, les piétons ou les vélos, si on ne construit pas ces infrastructures lourdes indispensables pour désaturer notre réseau métro, les déplacements à Paris et en région Ile-de-France se feront dans des conditions insupportables d’ici 2015, et je pèse mes mots.

 

Certains me rétorqueront que les décisions pour engager ces investissements lourds ne dépendent pas de la seule ville de Paris. C’est vrai. Mais sans impulsion politique d’acteurs comme la Ville de Paris et la Région, nous n’arriverons pas au niveau de mobilisation nécessaire pour réaliser ces investissements, et en premier la rocade de métro rapide autour de Paris. Si Paris ne place pas ses ambitions au niveau nécessaire, nous n’y arriverons probablement pas.

Pour résumer, si on arrive à un réseau avec 100 kilomètres supplémentaires de réseau lourd, accessibles à tous, nous aurons résolu une grande partie des problèmes, et il s’agit de l’urgence incontournable. Mais nous ne les aurons pas tous résolus, loin s’en faut. Il faut aussi faire beaucoup dans d’autres domaines.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article