Les transports publics : une gestion à démocratiser d’urgence

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Dans le domaine des transports collectifs, il y a également beaucoup à faire. En premier lieu pour que la participation des élus de la Ville de Paris à la gestion de tous les transports franciliens soit beaucoup plus transparente. Cinq élus de la Ville participent au conseil d’administration du Syndicat des Transports d’Ile-de-France depuis mars 2006, date de la mise en œuvre de leur décentralisation. La Ville assume plus de 30% de la contribution des collectivités locale, et est le deuxième contributeur derrière la région Ile-de-France (51%), avec les sept autres départements franciliens.

 

Elle a un rôle déterminant dans les choix du STIF, des choix très importants qui sont fait en particulier au moment du vote du budget de cet organisme, qui gère de fait une activité qui représente plus de 7 milliards d’€ de dépenses par an.

Comment sont faits ces choix, combien coûtent-t-ils ? Il existe un lieu de débat pour cela, auquel sont conviés les associations. Il s’agit de la commission extra-municipale des déplacements, qui se réunit à l’hôtel de ville de façon régulière. On y évoque les choix parisiens de façon intéressante, mais encore beaucoup trop institutionnelle.

Mais surtout, jamais on y évoqué les questions les plus lourdes : les arbitrages financiers, les choix de priorité dans la politique du STIF, soit le débat principal. Il y a là un enjeu lourd de démocratisation.

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La démocratisation et la transparente de la gestion globale des transports publics est nécessaire. Mais elle se gagnera par la démocratisation de la gestion de chaque axe de transport. Il y a bien eu de nombreuses réunions de concertation organisées autour de nouveaux projets comme le tramway et les projets dits mobilien pour des lignes de bus. De bonne choses, mais il faut aller beaucoup plus loin, généraliser une gestion tout au long de l’année de tous les axes de transport, lignes de bus, de métro et de tram, via l’organisation de comités de lignes associant usagers, salariés des entreprises de transport, associations d’usagers, élus. Ces lieux décentralisés de confrontation des problèmes, d’élaboration des solutions sont essentiels pour que le transport public soit plus légitime pour les habitants.

 

Comme tout service public, le transport public ne se développera et se rénovera que si son mode de gestion est profondément transformé, si ce service public est géré avec ses usagers et ses salariés, si la demande d’intérêt général qui doit légitimement émerger pour les transports publics est légitimée par des processus participatifs solidement installés.

Investissements dans la voirie, transports publics : ces deux domaines financièrement les plus lourds sont prioritaires pour le développement des processus démocratiques. Mais ils doivent aussi irriguer d’autres politiques sectorielles comme le stationnement, les déplacements cyclables, pour lesquelles des commissions locales doivent être crées dans les arrondissements, toutes ces politiques devant être mises en cohérence au sein de conseils locaux des déplacements dans chaque arrondissement.

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