Il faut au plus vite la rocade de métro rapide autour de Paris

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L’urgence est évidemment de réaliser les investissements publics différés depuis plus de 40 ans. Car cela fait déjà 40 ans que le déficit de liaisons en rocades autour de Paris a été identifié. On a su faire le périph, l’A86 et la A 104, nous attendons toujours nos rocades de trains et de métros, autrement plus urgentes.

Il en faut plusieurs de rocades, j’en suis convaincu. Les projets existent, et on en parle maintenant depuis des décennies.

Il faut pour la moyenne et la grande couronne des lignes tangentielles sur les voies SNCF existantes, ou mieux en créant des voies nouvelles sur l’emprise des lignes existantes, pour augmenter la capacité. Tangentielles nord, sud et ouest. Les projets avancent, mais trop lentement, le plus emblématique étant le projet au nord, Sartrouville-Noisy-le-Sec, particulièrement efficace mais à la mise en œuvre complète attend toujours ses financements.

Ces projets sont essentiels pour la Région Ile-de-France et aussi donc pour Paris. Ils permettront de transporter des centaines de milliers de personnes chaque jour.

 

Mais pour Paris et le cœur de l’agglomération, se limiter à ces investissements serait très insuffisant. Il faut une nouvelle infrastructure en zone centrale à très grosse capacité. L’infrastructure qui permette la liaison banlieue à banlieue, qui désature le réseau métro, et qui irrigue la petite couronne, si mal desservie par rapport à Paris.

Un projet de ce type était déjà inscrit au Schéma Directeur d’Aménagement de la Région Ile-de-France de 1994, sous le nom d’Orbitale. Il n’a malheureusement jamais été mis en œuvre. Pour deux raisons majeures.

Une fois de plus et avant tout à cause de la volonté de corseter le niveau d’investissements publics. On fait le choix en 2000 de réaliser une certaine partie des projets prévus en 1994, mais en priorité les tramways, ce pour une raison simple : parce qu’ils coûtaient moins cher.

Mais aussi parce que très peu d’acteurs ont su porter ce projet. L’aveuglement des élus parisiens, qui n’ont pas vu que ce projet de banlieue était prioritaire pour Paris, est à dénoncer. La faiblesse des élus de banlieue, trop souvent repliés sur leur territoire communal, aussi. La faiblesse des contre-pouvoirs, associatifs, syndicaux, citoyens et des lieux d’élaboration partagés de la décision publique est la deuxième raison majeure.

 

Aujourd’hui, les choses ont enfin évolué. Ce projet de rocade de métro rapide est maintenant porté par la RATP, par de nombreux acteurs associatifs. Il est porté par des acteurs de banlieue, et en particulier par le département du Val-de-Marne, qui a réussi à développer une dynamique très forte autour de ce projet.

Il est porté aussi par Paris, et c’est heureux. Il a également été mis au centre des premiers travaux de la Conférence Métropolitaine rassemblant élus parisiens et de plusieurs dizaines de villes de première couronne à la fin 2006.

Malgré les réticences lourdes de ceux qui veulent toujours rabaisser l’ambition en termes d’infrastructures publiques, cette rocade de métro rapide est devenue la priorité commune, le patrimoine commun de ces élus de tous bord rassemblés au sein de la conférence métropolitaine, de ce premier lieu de débats sur la vie du cœur de l’agglomération.

 

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