La gratuité des transports publics urbains, une bataille d’avenir

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Encore beaucoup à faire pour 2 millions de franciliens dont 400 000 Parisiens « à finances réduites » 

Les personnes à finances réduites représentent aussi un enjeu énorme. On estime que plus de 2 millions de personnes en Ile-de-France disposent de moins du SMIC pour vivre, environ 400 000 personnes à Paris. Des millions de personnes qui disposent de moins du minimum donc. Quand on connaît le prix du logement à Paris et dans la région parisienne, on peut imaginer que les moyens dont disposent ces personnes après avoir payé les dépenses dites « incompressibles » (logement, alimentation, …), sont très limités, voire quasi-nuls.

 

On imagine donc les difficultés qu’ont toutes ces personnes à bas revenus à assumer le coût des déplacements. Et le handicap lourd que représente ce problème de coût des transports dans une grande métropole comme la région parisienne. Comment espérer trouver un emploi, avoir des loisirs, tout simplement vivre CIMG0876.JPGdignement si on ne peut pas se déplacer.

 On peut répondre à ce problème par la distribution au coup par coup de droit à se déplacer. Cela a existé durant les années 2000 sous la forme de « chèques mobilité ». Des systèmes complexes à gérer et qui n’offrent pas vraiment un droit à se déplacer. 

Le plus simple et de loin est de garantir à ceux qui n’ont pas les moyens un droit universel à se déplacer. Et la meilleure façon d’assurer ce droit, c’est de garantir la gratuité des transports à tous ceux qui n’ont pas les moyens.

 

Historiquement la Ville de Paris avait choisi de le faire pour près de 300 000 personnes âgées à bas revenus. Depuis le 1er avril 2006, tous les RMIstes d’Ile-de-France et leurs familles disposent également de cette gratuité des transports en particulier du fait de l’obstination du groupe Communiste, Alternative Citoyenne et Républicain du Conseil Régional d’Ile-de-France. Dans le même temps, tous les allocataires de la CMU peuvent acheter des cartes oranges avec 75% de réduction. A Paris, ces deux dernières avancées ont concerné 200 000 personnes en tout.

Ce sont des progrès importants, mais il faut aller plus loin. Accorder la gratuité des transports publics à toux ceux qui n’ont pas le minimum pour vivre, tous ceux qui disposent de moins du SMIC, est une mesure de justice, et aussi une mesure d’efficacité sociale. C’est permettre un droit à la mobilité, un droit à la ville, ce pour un coût limité à l’échelle des transports publics. A Paris, de ce fait 400 000 personnes devraient bénéficier de ce droit à la gratuité 

La gratuité des transports publics urbains, une bataille d’avenir

Et au-delà, pourquoi ne pas ouvrir le débat sur la gratuité des transports publics pour tous. Plusieurs villes moyennes françaises l’ont fait, comme Châteauroux, Gap ou Vitré. Cela a permis une augmentation très forte de la fréquentation de leurs réseaux de transport publics. Pourquoi pas Paris et la région parisienne ?


Un tel choix a un coût (environ 2 milliards d’€ par an pour la région Ile-de-France), mais n’est pas d’aberrant. Les usagers payent environ 25% du coût des transports publics actuellement, et faire passer ce pourcentage à zéro n’est pas impossible loin de là. Cela a un coût, mais cela induirait un développement massif des transports publics et ouvrirait un droit à la ville pour tous. En ces temps de dangers écologiques, de menaces libérales, une telle perspective n’est sûrement pas à écarter.

 

A très court terme, vu le refus des autorités gouvernementales d’accorder de nouveaux financements pour les transports publics en Ile-de-France, cela n’apparaît pas réalisable dans les mois à venir. Mais en revanche, il tout à fait possible d’atteindre une étape comme la gratuité pour toutes les personnes aux revenus inférieurs au SMIC, une mesure d’un coût plus de dix fois inférieur. Cela dépend de la volonté politique des collectivités territoriales qui gèrent le Syndicat des Transports d’Ile-de-France, dont celle de la Ville de Paris.   
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