Moins de circulation oui, mais la ségrégation par l’argent pour l’accès au stationnement, non!

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Il y a à faire en clair aussi pour mettre en place une vraie politique du stationnement à Paris. Une politique pour lutter contre la spéculation sur le prix du stationnement. Parce que laisser s’organiser la rareté du stationnement est une façon de laisser augmenter les prix. Et la spéculation sur les prix a pour résultat que les plus aisés peuvent toujours se garer, alors que les moins fortunés non.

Limiter la circulation automobile en réduisant l’espace de voirie disponible pour la circulation, oui. Interdire les quatre-quatre et les véhicules les plus polluants à Paris, oui. Mais empêcher les parisiens d’avoir une automobile, non. Parce que cela revient de fait à empêcher les moins aisés d’avoir une automobile, non. A mon sens, la Ville de Paris n’a pas su vraiment faire ce choix, et n’a été que trop timide en la matière, malgré les interventions des élus communistes.  

 

On en revient à la question de fond : est-il légitime ou non pour des parisiens d’avoir une automobile? On sait que du fait de son réseau de transport en commun développé, et de la petite taille des logements à Paris (majorité de une et deux pièces), seuls 47% des ménages parisiens ont une automobile. Mais si cette proportion de « non-motorisés » est de l’ordre de 80% pour les ménages de une ou deux personnes, elle n’est que de 25% pour les ménages de 3 personnes et plus.

A Paris, la plupart des familles avec enfants possèdent une voiture, il ne sert à rien de le nier. Et il ne parait pas invraisemblable qu’une bonne partie d‘entre elles continuent à vouloir en posséder une. Laisser faire la spéculation sur les prix du stationnement, cela revient en premier lieu à empêcher les familles les moins aisées d’avoir une voiture

 

Alors que faudrait-il faire qui n’a pas été fait ?

Il faut affirmer le choix qu’il doit être possible de louer une place de parking à un tarif abordable à Paris, pour les résidents.

Et pour cela, il faut qu’il y ait assez des places proposées à des tarifs abordables.

Et dans les rues, il n’y en a pas assez, et il y en aura encore moins. En 2007, on estime à 168 000 le places de stationnement sur voirie encore disponibles, dont environ 22 000 d’offre rotative. Restent 146 000 places pour les résidents, mais ce nombre va baisser rapidement. D’une part du fait du développement de l’offre de stationnement pour les deux roues, vélos en libre-service ou autres. D’autre part du fait de la politique (justifiée) de développement de l’espace piétonnier.

Et surtout à cause des fameuses normes de la Brigade des Sapeurs Pompiers. Ces normes édictées en 1986, et toujours très imparfaitement appliquées à Paris. Ce qui fait que dans nombre de rues, quand les pompiers essayent de déployer leurs échelles, ils perdent beaucoup de temps à cause de la trop faible largeur de voie disponible.

Sans rentrer dans les détails techniques, la Préfecture et la Ville ont déjà pas mal œuvré depuis 2001 pour appliquer ces normes, qui ont engendré des suppressions de places de stationnement par milliers. Mais ce que l’on dit peu, c’est qu’on est très loin du compte. Et que selon certaines évaluations, il faudrait encore supprimer jusqu’à 30 000 places de stationnement pour respecter ces fameuses normes.

 

On peut estimer qu’à terme, il restera moins de 100 000 places disponibles pour les résidents dans les rues de Paris. Beaucoup trop peu pour les 550 000 automobiles des Parisiens, ou pour les 500 000 si les parisiens continuent à être un peu moins nombreux à vouloir disposer d’une automobile.

Moins de 20% de ces voitures pourront donc stationner dans ces places à 0,5 euro par jour. Il faut donc beaucoup d’autres places gérées de façon transparente et publique.

 

Ce que disent les élus communistes depuis 5 ans déjà (et ce qu’ils ont contribué à commencer à mettre en œuvre).

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